Djeneba Gory pour l’IECD – République Démocratique du Congo – Mai 2013

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Djeneba Gory avec l’Institut Européen de Coopération et de Développement (IECD) en République Démocratique du Congo.

L’IECD a engagé un vaste programme d’ « appui aux Très Petites Entreprises » en Afrique Subsaharienne (au Cameroun, en Côte d’Ivoire et en République Démocratique du Congo) par la formation à la gestion, au marketing, au management, à la comptabilité-finance et à la bureautique. Ce programme est cofinancé par l’Agence Française de Développement (AFD)  et divers autres financeurs.

Ma mission a consisté à intervenir, en binôme avec un auditeur (expert-comptable) mandaté par l’IECD, à Kinshasa sur le site du partenaire RDC Entreprises Développement pour procéder à la vérification des dépenses subventionnées par l’AFD.

Etant auditeur financier, j’ai pu comprendre facilement les enjeux de cette mission et ainsi bien appréhender son exécution. Au-delà de l’audit, j’ai apprécié les échanges avec l’équipe sur place et leur dévouement pour le développement d’un secteur privé réel car l’informel domine beaucoup en République Démocratique du Congo, comme dans la plupart des pays d’Afrique. La finalité de cette ONG est louable puisqu’elle agit à la base du système économique en permettant de passer d’une économie de subsistance à une économie de croissance.

Nous avons été très bien accueillis pour l’audit. L’ONG a veillé à préparer tous les éléments, ce qui nous a permis de gagner un temps considérable et de terminer notre mission dans le temps imparti. J’ai également pu profiter des quelques jours pour échanger avec l’équipe pédagogique, rencontrer des entrepreneurs et participer aux jurys de fin de formation. J’ai été impressionnée par la volonté de ces entrepreneurs d’apprendre les techniques de gestion et de pérenniser leur entreprise dans un pays où le « système D » domine… Car les idées, ils en ont ! Mais le travail reste à faire sur la définition d’une vision et d’objectifs long-terme pour un développement durable.

Le retour d’expérience en Afrique a montré que 85 % des participants utilisent les outils de gestion auxquels ils sont formés. Après six mois, leurs revenus augmentent en moyenne de 30 %, ce qui leur permet d’épargner, de créer des emplois et d’améliorer leurs conditions de vie.

Au départ, je pensais réaliser un simple audit. En faisant le bilan, je me suis rendue compte que j’ai davantage reçu que donné tant les échanges avec les collaborateurs de l’IECD, de RDCED et la population locale ont été enrichissants.

Le chemin est sûrement encore assez long, mais je suis convaincue de l’utilité de ce genre de projets pour favoriser l’émancipation des entrepreneurs du sud et j’ai été ravie de contribuer, à ma façon, à celui-ci.

Par ailleurs, j’ai été agréablement surprise par la ville de Kinshasa, dont la réputation n’est pas des plus glorieuses aux yeux du monde. Elle regorge de sites touristiques insoupçonnés.