Jean-Loic Guieze pour la Fondation S’aiddes – Bénin / Togo – Mars 2012

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Jean-Loic est  Economiste Senior chez BNP Paribas.  Il nous raconte sa dernière mission au Bénin et au Togo avec S’AIDDES.

Bénévole pour Microfinance Sans Frontière, j’ai été sélectionné pour apporter un appui technique à la Fondation S’AIDDES, qui aide les populations les plus pauvres de la planète à créer leurs propres activités génératrices de revenus.

Pour ce faire, S’AIDDES subventionne des ONGs locales qui structurent des micro-projets de développement (agriculture, élevage, artisanat…) au nom de groupements de personnes mutuellement solidaires. Avec la subvention qu’elle reçoit, chaque ONG prête aux personnes de ces groupements de quoi démarrer leurs activités.

Au préalable, la Fondation vérifie la cohésion et la solidité financière de ces ONGs ainsi que la faisabilité de leurs projets. Elle s’assure que ces derniers sont soutenus par les autorités locales. Enfin, elle évalue l’engagement et la capacité des bénéficiaires à développer leurs activités. C’est pour conduire ces évaluations que la Fondation m’a envoyé au Togo et au Bénin en mars 2012.

togo

Ce fut une expérience humaine forte que de rencontrer ces hommes et ces femmes qui vivent avec moins d’un dollar par jour et ne peuvent subvenir aux besoins de santé et d’éducation de leurs enfants. J’ai été ému plus d’une fois par le courage et la dignité avec lesquels ils affrontent ces conditions si difficiles. Ayant fondamentalement les mêmes besoins que nous, ces personnes subissent des environnements socio-économiques qui les enferment dans la pauvreté. Elles veulent travailler mais n’ont pas les moyens d’acheter le minimum d’équipement et de stock de départ pour commencer une activité. Très largement analphabètes et sans patrimoine, elles n’ont en outre aucun accès aux services financiers.

En soutenant leurs projets par des micro-prêts, la Fondation S’AIDDES offre à ces personnes les moyens de sortir durablement de la pauvreté et d’assumer elles-mêmes, par leur travail et leur créativité, les ressources dont leurs familles ont besoin pour vivre. En outre, grâce aux revenus de son activité, chaque bénéficiaire rembourse progressivement sa part d’emprunt à l’ONG, qui par convention avec la Fondation, s’engage à prêter à nouveau cet argent à d’autres personnes, pour leur permettre de démarrer à leur tour des activités génératrices de revenus, et ainsi de suite.

Au final, cette expérience m’a permis de constater sur le terrain que, quand il est bien géré, un petit apport financier peut avoir un effet d’entraînement considérable en matière de lutte contre la pauvreté et de développement local.